La scène alternative parisienne est bien vivante !

La scène alternative parisienne est bien vivante !

La scène alternative parisienne est bien vivante ! 

Aller voir si la vraie vie n’est pas ailleurs, voilà une idée qui séduit la plupart d’entre nous… À Paris, nous avons pu observer que ce sont des lieux, collectifs et artistes qualifiés d’alternatifs qui sont en mesure de proposer les événements les plus singuliers. Leur activité permet de répondre aux attentes d’un public désireux de se retrouver autour d’expériences authentiques.

En quête de nouveautés, curieux et exigeant par définition, le public de l’underground ne vient pas à un endroit où ne passe pas une soirée seulement dans le but de consommer de la culture. Il se rend à un événement pour la vivre. Les lieux alternatifs, à l’exemple du Shakirail ou de la Gare des Mines se retrouvent ainsi ancrés dans la géographie à la fois collective et intime des parisiens et franciliens. Friches de la SNCF reconverties en « sites artistiques temporaires » ou squats itinérants comme la Gare Expérimentale (la « Gare XP » pour les intimes) ou le Stendhal, ils sont le ferment d’une vie culturelle particulièrement riche.

Qu’ils soient pérennes ou provisoires, voire ultra-éphémères, ces lieux sont généralement voués à disparaître à l’aune de ce que le vocabulaire de l’aménagement du territoire qualifie de « reconversion urbaine ». Leur existence n’est d’ailleurs le plus souvent autorisée par les pouvoirs publics que dans ce cadre-ci. Voilà ce qu’il se passe : un lieu souvent ancien et devenu inutile pour eux est laissé à qui veut bien en faire quelque chose. Ce sont souvent des artistes ou des associations, – comme pour les « Grands Voisins », hôpital du 14ème arrondissement transformé en squat -, qui les investissent avant leur démolition.

Cependant, ces lieux à la disparition programmée agrègent le temps de leur existence précaire tout un tas de gens, venus là pour faire des choses, participer à un atelier créatif, aller en concert, de l’occupant au visiteur irrégulier… Des idées prennent vie, des collectifs se forment, des artistes créent sans pour autant s’enraciner dans un lieu particulier mais tous participent d’un même mouvement, d’une même « scène » alternative dont la définition même est à chercher dans ses lignes de fuite.

Prenons pour exemple les Grands Voisins, fermé depuis les fêtes de la fin de l’année 2017. La phase 1 de son existence, « Les Grands Voisins – Fabrique de biens communs » est terminée, néanmoins, elle ne signe pas la fin du projet ! Fort de sa fréquentation, alors que le lieu abritait un camping, un bar-restaurant, des locaux associatifs, une galerie, une pépinière et un fleuriste, il entrera dans sa phase 2 en février 2018. Les collectifs, comme celui qui s’est ici formé autour d’un projet de lieu, peuvent aussi vivre par eux-mêmes, indépendamment de tout site prédéterminé.

 

Ainsi du collectif artistique La Main regroupant un grand nombre de personnes aux pratiques artistiques diverses, et parfois éloignées, allant de la danse à la sérigraphie en passant par l’art du tatouage. Le collectif occupait jusqu’à l’été 2017 les Bains douches Castagnary dans le 15ème arrondissement. Bel immeuble en briques des années 1930, la mairie avait pris la décision d’en démolir une partie afin de le réaménager en appartements locatifs individuels. Avant la réhabilitation, elle avait autorisé plusieurs artistes, danseurs, tatoueurs à partager cet espace ; le collectif « La Main » s’était formé, proposant atelier de création et de répétition ouvert à tous. Pour le moment, mobilier et créations issues de cette première période de vie intense, sont stockés dans l’attente d’une réouverture : encore une fois, c’est par l’existence d’un collectif, tout comme pour le Stendhal, évacué à plusieurs reprises des locaux qu’il occupait, que le projet voit la possibilité de se pérenniser.

Le public qui va à la rencontre de ces collectifs souhaite s’enrichir d’une expérience, quelle que soit sa forme. Il se rend à une scène ouverte à la Petite Maison, lieu libre et gratuit, en autogestion ; il va à une performance organisée à l’espace Bétonsalon ou bien à la présentation d’une exposition au 6B, lieu culturel de Saint-Denis afin de partager avec d’autres un moment qui s’intégrera à ses souvenirs personnels. Il y va comme à un rendez-vous amoureux. Il prend des risques semblables : celui de se laisser surprendre, celui d’aller vers un inconnu à définir ensemble, y compris celui d’être déçu. Mais surtout, il prend le risque de se laisser traverser, émouvoir, secouer, — celui de se découvrir des attirances insoupçonnées, qui se transformeront avec un peu de chance en passions vraies… Il prend le risque d’aller à la rencontre d’un événement aux contours encore imprécis qui ouvrira pourtant son horizon.

Spectateur assidu, curieux ou simple flâneur parvenu à cet endroit au gré des hasards ou « traîné » par des amis persuasifs, il prendra aussi le risque de se révéler à lui-même. De se révéler tout court. Car dans ces lieux de culture-là, la frontière entre les artistes et leur public est ténue. Elle est fragile car elle accepte la remise en question et remet en jeu les formes conventionnelles de la création. Elle appelle à l’invention. Le spectateur n’est plus passif. Il est invité à participer. Il peut à sa guise prendre le micro lors d’une lecture poétique à Ménilmontant au « Culture Rapide », y lire un texte, participer à des ateliers DIY au Clos Sauvage ou bien franchir le quatrième mur en devenant co-auteur d’une performance.

En termes de « scène alternative », nous pensons généralement à des « salles de concert », à des lieux comme la Miroiterie aujourd’hui disparue et moins au centres d’art et galeries. Tout comme « Synesthésie », centre de recherche et de création artistique de Saint-Denis, ils sont pourtant bel et bien le lieu d’expérimentations subversives, déplaçant des frontières à la fois géographiques et sociales cette fois-ci. Ainsi la chorégraphe Lenio Kaklea est-elle allée à la rencontre des habitants des quartiers environnants dans le cadre de sa résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers. Elle a arpenté le territoire en anthropologue du corps, à la recherche des pratiques gestuelles des habitants. Ce travail donnera lieu à une présentation sous le titre « Portraits choisis », du 7 au 10 mars 2018. Des expositions collectives, proposent également une vision alternative au génie artistique solipsiste -entendons par-là qui fait de grandes choses tout seul dans son coin ! L’association des ateliers d’artistes de Belleville ont par exemple ouvert leur galerie, la Galerie AAB présentant des jeunes artistes encore méconnus. Le Clos Sauvage, lieu investi par le collectif du Stendhal s’ouvre lui aussi aux artistes plasticiens ; à partir du 21 janvier, l’exposition collective « Rencontre(s) » rassemblera des artistes amateurs ou confirmés. La part belle est aussi à faire aux arts autre que la musique mis sur le devant de la scène par les collectifs, tout comme le Shakirail qui a son ciné-club ou le Stendhal proposant projections et pièces de théâtre : une adaptation d’Antigone est à venir au Clos Sauvage dès janvier 2018 par exemple, sous ce titre prometteur « Premier soma : La révolte ».

À ces soirées, lors de ces événements qui rassemblent autour de projets et d’idéaux de partage avant toute chose, la possibilité lui est offerte d’en devenir lui-même acteur ou tout du moins de se créer une expérience de spectateur qui n’appartiendra qu’à lui. Ce type d’expériences uniques nous invitent à vivre « à fond » le moment et de nous penser comme sujets créatifs. Il ne s’agit pas d’événements où l’on vient, consomme de la culture et où l’on repart simplement chez soi ensuite. En faisant appel à nos cinq sens -et même à notre sixième sens ! – ainsi qu’à notre propre créativité, ces événements nous permettent de sortir des sentiers battus. Et nous conduisent parfois à s’écarter des chemins de vie tout tracés que nous croyions devoir suivre…

Nous connaissons tous un ami qui nous a parlé d’un lieu qui a l’air chouette, où il entrepose son matos de sérigraphie, nous entendons parler de concerts « trop bien » qui ont pourtant l’air d’être uniquement réservés aux habitués du monde souterrain parisien ; notre meilleure amie nous parle toujours de soirées électrisantes dans une « gare », qui semble mener à des destinations non répertoriées sur les plans officiels… Ces événements artistiques pointus paraissent destinés à ceux qui ont toujours les bonnes adresses ou bien qui semblent avoir un flair exceptionnel ! Chacun d’entre nous collecte ces bribes d’informations, ramasse au comptoir de son bar favori du nord de Paris le flyer d’un autre lieu à la programmation alléchante…

Seulement parfois nous aimerions que l’information de ce qui nous plaît soit plus simple à trouver. C’est pourquoi Diggin, agenda des événements alternatifs parisiens, entre « Démosphère de l’art » et « billetterie de l’underground » a été initié, pour créer ce réseau qui connecte artistes, producteurs et amateurs. Nous voulons rendre l’information enfin plus accessible. Nous voulons la partager. Faire connaître les lieux, les collectifs dont les initiatives demandent à être soutenus et les artistes dont le travail mérite d’être connu.




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