Le pass Cinewax, « une porte ouverte sur la culture africaine »

Le pass Cinewax, « une porte ouverte sur la culture africaine »

Cette semaine, nous sommes allés à la rencontre de Jean Fall, fondateur de l’association Cinewax, promoteur des cinémas de l’Afrique et des cultures africaines. Il nous a fait part de sa vision et des objectifs de Cinewax en termes d’évolution à l’occasion du lancement du pass.

Cinewax, un projet qui a mûri jusqu’à aujourd’hui

L’association Cinewax qui a vu le jour en novembre 2014 lance désormais sa deuxième grande campagne de crowdfunding qui permet d’obtenir en prévente les pass Cinewax, qui se déclinent en deux formules. Nous en avons profité à Diggin pour en savoir un peu plus sur ce projet. En réalité, tout est parti d’une volonté de créer « un réseau de salles de quartier » au Sénégal comme nous l’explique Jean Fall, qui en est originaire. À Dakar, il avait fait le constat, il y a donc quelques années de cela, d’un manque cruel de lieux de diffusion pour le cinéma, ̶ et donc de cinémas africains en particulier, mais ça c’est une autre histoire, nous y reviendrons ̶ et souhaitait, pour y remédier, « créer des salles qui seraient aussi des espaces culturels avec par exemple, des espaces de restauration, des espaces d’exposition mais aussi des bibliothèques, ̶ car c’est aussi un problème, avec leur faible nombre… afin de recréer une dynamique culturelle locale. »

Ces salles, dans un esprit local « n’auraient pas plus de 200 places, avec un prix d’entrée maximum de 1000 francs CFA [l’équivalent d’un peu plus de 1,50 euros, ndlr] pour que tout le monde puisse y avoir accès. » Voilà l’objectif final de l’association Cinewax : une ambition généreuse qu’il nous semble urgent de soutenir. Et « le pass intervient donc pour pouvoir financer tout ça », nous précise Jean Fall. Moins de 1% des films qui sortent en salle en France proviennent d’Afriques, il est donc urgent de les faire connaître. Par ailleurs, les oeuvres produites ne sont pour la plupart ni conservées ni restaurées dans leur pays d’origine : l’enjeu consistant à sauvegarder le patrimoine cinématographique africain est de taille et CineWax est là également pour relever cette gageure.

Aller au-devant du public et trouver des partenaires en France

Pour cette seconde étape, « le plus compliqué, c’est de trouver notre cible » nous indique Jean Fall, conscient que « les afrodescendants en France ne sont pas forcément connectés à la culture africaine », parfois mal connue : « la population que l’on vise, ce sont à la fois les afrodescendants et les caribéens qui ont des liens avec l’Afrique mais aussi les Français amoureux de l’Afrique ». « On voit le cinéma comme une porte ouverte sur la culture africaine », ajoute le fondateur et porte-parole actuel de l’association, et pour cela il a décidé de développer un pass culturel dédié aux cinémas africains et sorties culturelles, pour montrer « le meilleur de la culture africaine ».

Cette dernière est beaucoup plus présente en France depuis quelques années et ne se limite plus à quelques créateurs ou événements emblématiques. Elle se décline désormais sous bien des aspects et s’offre une belle visibilité. On ne compte plus aujourd’hui les expositions, les spectacles de danse ou de théâtre signés par des artistes africains, (le continent avait été mis à l’honneur lors du dernier festival d’Avignon et l’édition de 2013 lui avait été dédiée) et des manifestations comme la foire « Also Known As Africa » ainsi que la création de revues comme IAM, Intense Art Magazine, ou de la plateforme Afrikrea sont symptomatiques de cette effervescence (partenaire du Pass Cinewax).

Cinewax a d’ores et déjà signé un partenariat avec de nombreux les festivals représentant les cinémas africains en France: le Nollywood Week Film Festival, le Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient, le Festival International du Film PanAfricain de Cannes et avec l’association Eurafriclap qui organise également une manifestation annuelle.

Dès maintenant, le Pass Cinewax permet d’avoir accès à des tarifs préférentiels en salle de cinéma. Le pass mis en place ne permet pas seulement d’en bénéficier mais aussi de découvrir toute une culture : « on n’est pas là pour faire le buzz mais on est là pour s’inscrire dans une démarche durable », comme le rappelle Jean Fall.

Le pass CineWax, un passeport pour (re)découvrir la culture africaine dans sa diversité

Il existe deux pass, le « Pass Sembene » et le « Pass Fela » qui donneront accès à des projections, des festivals consacrés aux cinémas africains, des invitations aux avant-premières et des réductions dans les restaurants, les marques design ou les marques de vêtements partenaires de Cinewax. Il s’agit en réalité d’une offre globale de cinéma et de culture « africaine ». Souscrire au pass permettra également de recevoir la lettre d’information qui présentera une sélection d’événements, de rencontres et de découvertes ciblés. Le lancement de l’offre est prévu d’ici le 18 avril 2018 où le pass sera disponible dans quarante salles de cinéma sur tout le territoire français. Pour l’instant, l’objectif de 1 000 pass vendus en prévente « aidera surtout à convaincre les salles », nous rappelle Jean Fall. Et d’ici quatre ans, l’objectif pour Cinewax est d’être partenaire de 1000 salles environ France. Le but est d’atteindre plus de 250 000 abonnements sur cette période, avec ce pass qui se présente comme l’équivalent d’« un Pass UGC dédié aux films africains » et en outre, de mettre en place plus de 200 partenariats culturels. Une ambition à la hauteur d’un continent qui mérite ce joli coup de projecteur. Comme le dit le fondateur de Cinewax : en 2018, « Africa is now. »

 

 




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